Certains de ces arbres nous étonnent par leur âge avancé, leur rareté botanique, leur forme ou leurs dimensions exceptionnelles. D’autres sont remarquables parce-qu’ils ont été les témoins d’événements historiques ou de croyances anciennes. D’autres encore, parce qu’ils sont les vestiges de pratiques culturales ou paysagères disparues.
Ces arbres racontent l’histoire des activités et des convictions de groupes humains. En tant que tels, ils sont un patrimoine. Respectés, épargnés, ils ont survécu pendant des siècles. Leur présence enrichit aujourd’hui les paysages d’éléments naturels d’exception. Elle symbolise surtout les liens anciens et profonds que les hommes ont entretenus avec leur environnement naturel et humain.
Les arbres sont ici considérés comme les compagnons de l’histoire de l’humanité. Dans ces relations entre les arbres et notre environnement culturel et géographique, cinq thèmes nous sont apparus essentiels : l’arbre « distingué » des parcs et des jardins, l’arbre « paysan » producteur de fruits ou de bois, l’arbre « témoin » d’événements historiques, l’arbre « vénéré » pour ses caractères magiques ou religieux, l’arbre « repère » dans les paysages. Les arbres ont donc été choisis pour leur pouvoir d’évocation, et pour leurs qualités tant esthétiques qu’émotionnelles. D’autres sujets auraient pu prétendre à figurer en bonne place dans ce livre.
À la fin de cet ouvrage, de drôles de « tronches » (et le mot est d’abord un terme forestier) nous montrent en quoi ce qui reste en nous d’enfance ou de superstition peut charger notre regard sur les arbres d’évocations maléfiques ou aimables.






