D'ANDRÉ WOGENSCKY,
UNE VILLA MODERNE DANS LES PINS
Production CAUE de Loire-Atlantique
Cette initiative s’inscrit dans le continuité de plusieurs actions de sensibilisation à l’architecture du XXème siècle (colloque, exposition, débats…) développées par le CAUE pendant l’année 2006 avec le soutien du Conseil général.
Dans l'immense production architecturale de ce siècle, le CAUE s’est attaché à présenter une réalisation modeste (résidence secondaire en bord de mer) dans laquelle architecte et commanditaire se sont rendu « complices » d’une œuvre qui restera probablement dans l’histoire de l’architecture.
Le travail de l’architecte André WOGENSCKY, principal collaborateur de Le CORBUSIER, y est ici présenté comme l’expression d’une réflexion très aboutie sur l’architecture contemporaine des années 1960. Concept innovant des espaces à vivre, matériaux nouveaux, performances techniques et esthétiques, tous les ingrédients d’une réalisation architecturale de référence sont déclinés dans cette exposition. Celle-ci se découvre au travers d’une scénographie restituant aussi bien des ambiances liées aux espaces du projet que des références aux outils de travail utilisés par l’architecte pour produire son œuvre.
Une villa moderne dans les pins, 1960
Une pièce où être bien, à deux comme à trente personnes, cinq chambres, une cuisine : à ces besoins d’un jeune couple pour ses week-ends et ses vacances au bord de la mer, André Wogenscky répond en créant une « villa » conforme à l’esthétique du Mouvement moderne et à ses propres convictions.
D’un mur courbe et d’un « pan de verre », il enclôt une portion de la pinède de Saint-Brévin-l’Océan, brouille les limites habituelles entre intérieur et extérieur, murs et meubles, nature et art. Il dessine un espace diurne où le coin cheminée, l’espace des repas et le coin repos coexistent au sein d’un volume unique. Il évide ainsi le socle portant cinq chambres cabines, dédiées au seul repos nocturne et pourvues chacune d’une salle d’eau, un véritable luxe pour l’époque. Il sculpte une cuisine indépendante, ouverte au nord pour que les vues n’interfèrent pas avec les activités de détente.
Ainsi, en quelques traits, il traduit en formes et en volumes sa certitude qu’une maison doit être tout à la fois un abri (une protection contre les éléments naturels), un logis (un espace organisant en les facilitant les différents actes de la vie quotidienne) et un temple (un espace favorisant l’épanouissement de la pensée). Une démarche qui, selon lui, exige de l’architecte qu’il s’attache à bien connaître ceux pour qui il construit, et qu’il se soustraie aux modes et aux influences temporaires, l’architecture devant être fondée sur des valeurs permanentes puisqu’elle agit durablement sur les êtres.
C’est ce qui fait qu’au delà des signes et dispositions intérieures de son temps (volumes géométriques, pilotis, toit-terrasse, murs de béton brut, façade intégralement vitrée, brise-soleil géant, son espace intérieur fluide, chambres cabines…) cette maison, toujours habitée par le couple qui l’a faite construire, reste depuis près de cinquante ans, accueillante aux modes de vie des générations successives et complice de son environnement boisé. Les seules modifications intervenues concernent la dépose de la cheminée de métal et l’élargissement de l’escalier confié à un sculpteur réputé, Pierre Székely.
André Wogenscky, architecte
André Wogenscky (1916 - 2004) rejoint l’atelier Le Corbusier en 1936 avant la fin de ses études d’architecture. Pendant deux décennies, il est son collaborateur le plus proche, devenant son chef d’agence puis son associé. Il a notamment un rôle décisif dans l’édification des Unités d’Habitation de Marseille et de Rezé-lès-Nantes. Peu après l’inauguration de cette dernière, il prend ses distances avec l’illustre architecte puis démissionne de l’atelier. À quarante ans, il crée sa propre agence et, riche d’une expérience intellectuelle et technique hors du commun, entreprend une seconde carrière particulièrement féconde.
Ses débuts sont marqués par plusieurs projets et réalisations en Pays de la Loire : cantine scolaire de Marçon, villa Chupin à Saint-Brévin-les-Pins, lotissement à Saint-Macaire-en-Mauges, maison de retraite à Luçon, immeuble à Angers, plan d‘urbanisme de Montreuil-Belfroy. Il conçoit ensuite en France quelques-uns des édifices publics marquants des années soixante : les facultés de Médecine des hôpitaux Saint-Antoine et Necker à Paris et, avec le soutien d’André Malraux, la maison de la Culture à Grenoble et la préfecture des Hauts-de-Seine à Nanterre. Il participe également à la conception d’un habitat industrialisé (maisons extensibles, logements Salamandre).
Puis son action se concentre dans des pays du Proche Orient, notamment au Liban où il édifie le ministère de la Défense nationale et l’Université Libanaise à Beyrouth, et en Arabie Saoudite où il bâtit l’hôpital et le centre médico-sportif de Riyad. Tout comme celui de son épouse Marta Pan, son travail rencontre un écho favorable au
Japon où il réalise puis étend à deux reprises l’université des Arts de Takarazuka (dont la seconde en 2002 - 2003), ville où il conçoit également l’immeuble Hibarigaoka. Même lorsque son activité le conduit à l’étranger, il participe aux consultations internationales organisées en France : Centre Beaubourg, Opéra Bastille. La politique des concours destinée à renouveler la commande publique lui donne la possibilité de réaliser dans les années 1980 l’hôpital de Corbeil-Essonnes et l’Institut national de recherche et de sécurité à Neuves-Maisons.
Sa retenue, son dévouement à la pensée et à l’œuvre de Le Corbusier, puis le rejet du Mouvement moderne par une jeune génération d’architectes, se conjugueront pour retarder une juste appréciation de son talent et de son apport à l’histoire de l’architecture du XXe siècle.
Scénographie
L’exposition projette le visiteur dans une double atmosphère :
- celle de la maison, dont l’élément le plus exceptionnel (le mur de verre de la façade avec ses éléments de mobiliers encastrés) présenté à sa taille réelle, occupe un côté entier de la salle d’exposition.
Cette présentation est complétée par des photographies extérieures et intérieures prises au début des années soixante par deux grands photographes d’architecture, Pierre Joly et Vera Cardot, complétées par des photographies actuelles,
- celle du travail accompli par l’architecte. : facsimilés de notes manuscrites, correspondances, dessins d’étude, plans, extraits des archives de l’Institut Français d’architecture, retracent les étapes du processus de conception de cette maison. L’ensemble de ces documents permet aux visiteurs et aux scolaires de mieux comprendre comment procède un architecte dans son travail de conception, et comment il l’enrichit de ses propres réflexions et convictions philosophiques, morales, sociales, esthétiques…
Dans une partie introductive, l’exposition rappelle qui était André Wogenscky.
Enfin, l’exposition évoque les autres commandes passées par Louis Chupin à André Wogenscky.
|
 |
03/09/08 > 21/09/08
la MATP à Angers
15/06/08 > 30/08/08
l"enclos du vieux bourg à
Nozay
01/03/08 > 27/04/08
l'Abbatiale de
Saint-Philbert-de-Grand-Lieu
07/09/07 > 22/09/07
mairie de Rezé
16/09/06 > 15/12/07
Hall d'exposition
du CAUE de Loire-Atlantique
du Lundi au Vendredi
09h00-12h30 > 14h00-18h00
Conception et réalisation :
CAUE de Loire-Atlantique avec le soutien du Conseil général de Loire-Atlantique
sur une idée de Christophe BOUCHER, chargé d’études au CAUE de Loire-Atlantique
Commissariat :
Dominique AMOUROUX, critique d’architecture.
Scénographie :
Dany CARTRON plasticien graphiste au CAUE de Loire-Atlantique.
Maquettes :
Dimitri SHUMELINSKY, étudiant en scénographie.
Documents :
fonds André Wogenscky, archives de l’Institut Français d’architecture, Cité de l’Architecture et du Patrimoine.
Photographies :
Bernard RENOUX / Jean BESACIER / Pierre JOLY et Vera CARDOT (Médiathèque Kandinsky, Centre Georges Pompidou)
Remerciements :
Mme Marta PAN, M. et Mme Louis CHUPIN, David PEYCÉRÉ et
Nolwen RANNOU (Ifa), Jacques CAILLETEAU.
|